Shipping Anvers-Halifax : comment envoyer son van ou camping-car en Amérique ? – Notre témoignage

Notre Land Cruiser au port d'Anvers

Depuis très longtemps, nous avons ce rêve de découvrir les Amériques de manière nomade. Ayant chacun notre PVT (permis vacances-travail) canadien en poche, nous avons enfin réalisé ce rêve et envoyé notre 4×4 aménagé au Canada. Dans cet article, on vous fait notre retour d’expérience sur le shipping entre Anvers et Halifax : pourquoi ce choix ? quelles sont les étapes ? quel est notre avis ? C’est parti !

Envoyer son van / camping-car depuis l’Europe ou acheter en Amérique ?

Avant même d’avoir notre véhicule, nous avons beaucoup hésité entre en acheter un en Europe pour l’envoyer en bateau ou en acheter un directement en Amérique. On avait exclu depuis longtemps l’idée de louer sur place, car nous voulions passer y plusieurs mois et la location revient très cher à long terme. Il nous restait donc le choix de l’achat en Europe ou en Amérique.

À l’époque où nous y réfléchissions, nous n’avions pas encore nos PVT (Permis Vacances-Travail). Pour expliquer un peu le contexte, le PVT permet de travailler sur place, mais surtout de rester 2 ans au Canada (contre six mois avec un visa de tourisme classique).

Mais comme le PVT canadien fonctionne par tirage au sort, on n’était pas sûr de pouvoir l’obtenir et donc de rester autant de temps. On s’était dit que potentiellement, on ne resterait “que” six mois là-bas… ce qui est déjà bien. Mais quand on cumule le temps d’aménagement et le voyage en lui-même, six mois passent très vite.

Nous aurions pu aussi acheter un van déjà aménagé pour partir directement, mais ce n’aurait pas été très simple et rapide d’en trouver un répondant à nos besoins et nos envies. On est assez exigeants et nous voulions créer notre propre petit cocon à notre image. Nous avons donc acheté le véhicule ici et nous l’avons préparé chez des copains qui étaient outillés et qui nous ont aidés. C’était rassurant de pouvoir l’aménager tranquillement en France.

Enfin, un argument décisif a été le choix du modèle : nous voulions absolument un Land Cruiser HZJ 75. C’est un modèle que l’on ne trouve pas en Amérique du Nord. C’est aussi pour avoir ce modèle précis que nous avons choisi de l’acheter en France et de le faire envoyer.

Envoyer son véhicule par conteneur ou en RoRo ?

La question suivante a été de savoir comment transporter notre Land Cruiser. Initialement, nous voulions l’envoyer par conteneur pour des questions pratiques, notamment de prix et de sécurité.

Mais pour passer dans un conteneur, il fallait que le véhicule soit assez bas. Donc soit équipé d’une tente de toit, soit d’un toit relevable. La tente de toit étant peu adaptée pour passer l’hiver au Canada, nous nous sommes renseignés sur le 4×4 avec toit relevable. On a vu des modèles mais trop onéreux pour nous.

On a finalement eu un coup de cœur pour un Land Cruiser HZJ 75, avec une grosse cellule de camping-car (de la marque Clémenson) à l’arrière, qui correspondait plus à notre budget. C’est alors qu’on a abandonné l’option « conteneur », et qu’on a choisi le RoRo (« Roll on, Roll off »). Le véhicule est mis sur le pont du bateau, comme sur un ferry. Nous avons donc choisi le RoRo pour des questions de taille.

Les étapes pour le shipping depuis Anvers vers Halifax

Une fois ce choix réalisé, nous avons commencé à nous renseigner sur les différents transporteurs et compagnies possibles. Nous avons choisi de nous faire accompagner par un transporteur spécialisé.

Choisir une compagnie

Nous avons contacté diverses compagnies, comme par exemple :

  • Seabridge
  • Trans global
  • Caravan Shippers
  • Overlander Shipping
  • Grimaldi Roro
  • IVSS

Notre choix s’est finalement porté sur IVSS (International Vehicle Shipping Services), dont les tarifs étaient les plus avantageux pour nous.

À titre informatif, voici notre tableau comparatif avec les prix que nous avons reçu en 2025 :

Tableau comparatif des tarifs des transporteurs
Tableau comparatif des tarifs des transporteurs

Sachez que les tarifs varient énormément selon les dimensions de votre véhicule et du contexte économique (nous l’avons envoyé en mai 2026, en pleine guerre en Iran & blocage du détroit d’Ormuz). Ne prenez donc pas ces prix comme des vérités absolues, et faites vos propres demandes de devis auprès de ces compagnies pour savoir ce qu’il en est pour vous.

En tous cas, à titre indicatif, l’envoi nous a coûté 3 380 € (avec l’assurance).

Nous nous étions aussi posé la question de voyager avec le Land Cruiser ou non. Ça aurait été une expérience incroyable de traverser l’Atlantique en bateau avec notre maison sur roues. C’était visiblement assez faisable il y a quelques années, mais depuis le Covid, c’est pratiquement devenu impossible (ou alors ça coûte très très cher). Nous avons donc choisi de prendre l’avion.

Réaliser les démarches administratives

Une fois la compagnie choisie et la date déterminée, nous avons réservé auprès d’eux quelques mois avant le départ. Nous avons rempli quelques formulaires avec des informations sur notre véhicule (dimensions, numéro de châssis, etc), sur nous (identité, adresse…) et une procuration pour les formalités douanières.

Deux mois avant le départ environ, ils nous ont fait parvenir :

  • les instructions pour l’accès au port
  • un document avec les infos sur le véhicule
  • une feuille à imprimer et à coller sous le pare-brise en arrivant au port.

Ils nous ont envoyé un récapitulatif avec le numéro de réservation, le nom du transporteur, le nom du navire, les dates de départ et d’arrivée précises (même si ça peut toujours changer en fonction notamment de la météo).

Et surtout, ils nous ont envoyé les consignes du transporteur (ACL). C’est un cahier des charges assez précis, qui nécessite de bien préparer son véhicule.

Préparer son véhicule pour l’envoi

Tout d’abord, l’une des consignes les plus importantes est qu’il ne doit y avoir aucun résidu de saleté ou de terre : il faut vraiment qu’il soit très propre. Nous l’avions déjà nettoyé un mois avant le départ pour enlever le sable qui était resté suite à notre voyage au Maroc. Nous l’avons ensuite nettoyé de fond en comble quelques jours avant de partir pour Anvers, en insistant notamment sur le toit. Enfin, nous l’avons nettoyé une dernière fois le matin même du dépot, à un kilomètre du port, pour enlever les saletés qui s’étaient accumulées sur la route entre chez nous et Anvers.

Ensuite, il y a également un cahier des charges très précis de ce qui est autorisé dans le camion ou non.

Ce qui est interdit :

  • Boissons et aliments, même séchés ou en conserve. Même les épices comptent, donc laissez votre sel et poivre en France, de toutes façons vous en retrouverez au Canada… Le réfrigérateur doit être entièrement vide.
  • Effets personnels, comme les valises
  • Téléviseurs, magnétoscopes, lecteurs DVD (sauf s’ils sont installés d’origine), ainsi que les radios CB.
  • Appareils électroniques tels que les ordinateurs portables, les tablettes, les drones, etc.
  • Substances inflammables, corrosives ou dangereuses, articles pyrotechniques, huiles, peintures, solvants.
  • Bombes aérosols, bouteilles ou conteneurs sous pression de toute nature.
  • Produits d’entretien et articles de toilette (gel douche, bain de bouche, liquide vaisselle…)
  • Fournitures ou équipements médicaux, médicaments ou vitamines.
  • Armes à feu ou munitions de toute nature (y compris les armes désactivées ou les douilles vides).
  • Plantes
  • Produits dangereux (par exemple, bombes aérosols, bouteilles à air comprimé, etc.)
  • Huiles, lubrifiants et carburants en bidons ou en bouteilles
  • Vélos électriques
  • Batteries auxiliaires/de démarrage amovibles et batteries externes. Si vous avez une batterie secondaire dans votre circuit électrique, elle doit être déconnectée.
  • Bouteilles de gaz amovibles. Les réservoirs ou bouteilles de gaz fixes/intégrés doivent être vides et certifiés exempts de gaz et de résidus. Vous devez joindre un certificat de vidange et de nettoyage délivré par une entreprise agréée, confirmant que la bouteille ou le réservoir de gaz est vide, propre, exempt de gaz et non dangereux. Il ne doit pas dater de plus de 5 jours ouvrables.

Ce qui est autorisé :

  • Matériel de camping
    • chaises et tables de camping, tente
    • barbecue ou réchaud portable (aucune bouteille de gaz)
    • lampe de poche/lampes de camping
    • bidons (vides, sans résidus)
    • enrouleur de câble, rallonge électrique
    • toilettes de camping portables (vides, sans résidus)
    • matériel de pique-nique (couverture, boîte/panier)
    • auvent
  • Vêtements et chaussures, à condition qu’ils soient rangés dans des casiers ou des compartiments fixes et qu’ils ne soient à aucun moment visibles.
  • Équipement de cuisine :
    • Équipement standard pour la préparation des aliments et des repas (par exemple, casseroles, poêles, ouvre-boîtes, etc.)
    • Équipement standard pour la consommation des aliments et des repas (couverts, vaisselle, assiettes, verres, etc.)
    • Équipement standard pour la conservation des aliments (boîtes Tupperware, sachets de congélation, etc.) qui doivent être vides et exempts de résidus).
    • Matériel standard pour laver la vaisselle et les ustensiles de cuisine (par exemple, éponges, brosses, essuie-tout, torchons de cuisine, etc.) et pour le nettoyage (aucun produit de nettoyage classé comme dangereux).
  • Équipement de la chambre et de la salle de bains :
    • literie, draps, oreillers
    • serviettes
    • produits d’hygiène (lingettes, papier toilette, etc.)
  • Équipement de réparation et de dépannage
    • Équipement standard pour le changement de pneus (pneus de secours (max. 4), cales, kits de réparation, crics, outils de montage)
    • Équipement standard pour le dépannage (cordes, sangles, manilles, chaînes, pelle, échelle)
    • Tuyaux
    • Boîte à outils contenant des outils standard (pas d’outils à batterie)
  • Autres équipements
    • trousse de premiers secours standard pour véhicules
    • gilets haute visibilité
    • triangle de signalisation/réfléchissant
    • extincteur (doit être solidement fixé à l’emplacement prévu à cet effet)
    • sièges enfants
    • vélos – les vélos doivent être correctement fixés et immobilisés pour éviter tout déplacement.
    • batteries auxiliaires intégrées en usine (mais notre batterie installée maison est passée aussi !)

Déposer son véhicule au port d’Anvers

En arrivant au port le 8 mai, nous nous sommes rendus au bureau où on nous a fait remplir un petit formulaire avec les informations sur le Land Cruiser.

Formulaire avec les informations sur le Land Cruiser

Puis, nous avons scotché la feuille que la compagnie nous avait envoyé sous le pare-brise. Celle-ci contenait les informations clés : nom du véhicule, numéro de châssis, nom et destination du bateau.

Ensuite, Adrien a dû aller seul garer le Land Cruiser sur un parking qu’on lui a indiqué, et laisser toutes les clés bien en évidence. Les employés/douaniers doivent avoir accès aux portes et coffres avant la pose des scellés.

Enfin, Adrien a pris des photos du véhicule sur le port (à l’intérieur, à l’extérieur, ainsi que des photos des fenêtres et des lanterneaux). C’est vivement conseillé en ayant soucrit l’assurance pour comparer l’état au départ et à l’arrivée.

Notre véhicule au départ d'Anvers

Récupérer son véhicule au port d’Halifax

Pendant les jours qui ont suivi, on a pu voir sur le site du transporteur que notre Land était bien chargé sur le bateau, puis suivre le trajet de celui-ci en tapant son nom sur www.marinetraffic.com. Et enfin, le 28 mai, on s’est rendus à Halifax pour récupérer notre Land Cruiser ! D’abord, nous devions nous rendre à l’Agence des Services Frontaliers du Canada (douanes). On nous a posé pas mal de questions : ce qu’on venait faire au Canada, notre itinéraire, si on transportait de la nourriture ou des plantes, etc. Le douanier nous a donné une feuille qu’il a tamponnée : c’est le dédouanement, indispensable pour récupérer le véhicule. Attention à bien conserver cette feuille, qui sera à présenter de nouveau lors de l’export !

Ensuite, on a pris le bus jusqu’au port, et on a fini à pieds — attention, celui d’Halifax n’est pas piétons friendly… En arrivant, un monsieur dans une guérite a contrôlé nos papiers, puis un autre nous a emmenés en voiture jusqu’au parking où était garé… notre Land !

On a attendu quelques minutes dans un bureau, un employé a fait le tour de notre véhicule avec Adrien pour vérifier que tout était ok, que rien n’était abîmé… et puis on a pu quitter le port.

Notre véhicule à l'arrivée à Halifax

Conclusion : notre avis sur le shipping

Globalement, nous avons trouvé que l’accompagnement était de qualité. Les interlocuteurs répondaient à nos e-mails, et nous ont envoyé toutes les instructions nécessaires pour l’expédition. Nous étions très stressés pour ces démarches mais tout s’est bien passé. Nous nous attendions aussi à ce que le Land ait été fouillé de fond en comble par des douaniers, mais finalement nous pensons qu’ils ont juste jeté un oeil car tout était en place.

Bref, concernant le shipping, nous sommes satisfaits. C’est pour les assurances que nous galérons un peu en ce moment… mais on vous fera un article “retour d’expérience” prochainement !

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous les poser en commentaire ou à vous rendre sur les groupes Facebook “Shipping Entr’aide” ou “Sur les routes d’Amérique”, qui sont très complets et où les gens répondent très vite.

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